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Brésil 2007 |
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« Certains pensent qu’ils font un voyage ; en fait, c’est le voyage qui vous fait. »
Nicolas Bouvier, L’usage du monde.
Equipe des Scouts Aînés de Saint-Louis 9° Outre-Meuse – Liège BRESIL 2007
1. Introduction
« Certains pensent qu’ils font un voyage ; en fait c’est le voyage qui vous fait »
Nicolas Bouvier, L’usage des mondes
Il y a quatre ans d’ici, ils étaient quelques anciens scouts de notre Unité soucieux de poursuivre leur parcours scout autrement et de s’engager dans une voie nouvelle. C’est ainsi que l’Equipe des Scouts Aînés de Saint-Louis vit le jour. L’élément central de celle-ci est la réalisation de projets à caractère humanitaire et la découverte de cultures différentes. Au-delà de l’apport matériel ou humain que ce projet peut apporter aux populations locales, c’est tout autant l’impact que l’autre aura sur nous-même qui nous fait avancer. C’est ainsi que l’Equipe est déjà partie au Cameroun pour construire une école primaire en zone tropicale et est partie en Roumanie l’année passée pour animer des enfants orphelins et atteints de légers handicaps mentaux*.
Ce dossier entreprend de vous décrire notre nouveau projet de cette année : la rénovation d’une école primaire au Brésil. L’histoire de ce projet est l’histoire d’une rencontre : la rencontre avec Joan Mario de Medeiros, pasteur dans la région de Natal et directeur de cette école primaire. C’est en collaboration avec lui que nous montons, jour après jour ce projet, par le biais de conversations téléphoniques et d’échange de courriers électroniques.
Pourquoi si loin ? Pourquoi l’Amérique du Sud ? Pourquoi le Brésil ? Parce que nous avions envie de donner une dimension supplémentaire à notre engagement scout, de découvrir des horizons plus lointains, d’autres façons de concevoir le monde. Ce projet, outre son aspect d’aide et de coopération comporte en effet une autre dimension : celle d’une rencontre interculturelle, d’une extraordinaire expérience à partager avec les habitants du village dans lequel nous nous rendrons.
*Un grand projet était prévu pour l’été 2006 en Equateur, mais pour des raisons de sécurité nous avons du renoncer à celui-ci. Mais l’Equipe ne désirant pas se croiser les bras, nous avons donc décidé de réaliser un projet de moindre envergure, mais tout de même à caractère humanitaire, en Roumanie.
Ce projet, que vous allez découvrir, représente des mois de travail, d’échanges, de rencontres, d’obstacles surmontés, de questionnements, de progrès et de découvertes. Le projet est à présent proche du but, puisque nous avons prévu de partir en juillet 2007. Nous estimons aujourd’hui que le projet est assez mûr que pour vous le présenter. Nous espérons qu’il rencontrera votre adhésion, et que vous en partagerez sa philosophie. Si vous tenez ce dossier en mains, c’est parce que nous espérons que vous pourrez nous aider, et devenir, à votre tour, partenaire de ce projet qui nous anime depuis maintenant un bon moment. Bonne lecture et bonne découverte !
L’Equipe des Scouts Aînés de Saint-Louis
Au terme de leur dernière année d’animation, certains animateurs ont eu envie de poursuivre la route et de se lancer dans un projet de très grande ampleur. C’est ainsi qu’est née l’idée de lancer une équipe d’aînés au sein de l’Unité de Saint-Louis. Crée en septembre 2002, l’Equipe regroupe aujourd’hui 9 jeunes âgés de 18 à 21 ans. Issus des mouvements de jeunesse, ils sont presque tous animateurs, ou anciens animateurs, dans différentes sections de l’Unité et continuent donc à donner de leur temps pour animer chaque samedi après-midi de nombreuses petites têtes blondes.
Les locaux de l’Unité se situent dans les bâtiments paroissiaux de la rue Vilette et dans l’enceinte du Collège Saint-Louis, dans le quartier du Longdoz, en plein centre ville de Liège. C’est dans les sous-sols du Collège que sont situés les locaux de l’Equipe.
Tout d’abord, l’Equipe s’articule autour d’un projet qui s’étale généralement sur deux ans. Ce projet structure nos activités, qui s’organisent principalement autour de sa mise en œuvre. Le projet est donc la raison d’être et le principe même de notre Equipe, auquel chaque membre adhère.
Le principe hiérarchique qui existe généralement dans les autres sections est ici totalement absent. Il n’y a donc plus d’animateurs et d’animés, mais uniquement des scouts engagés dans un projet commun, dont nous sommes collectivement responsables.
Le projet est étalé sur deux ans, ce qui signifie que l’Equipe est appelée à se renouveler sans cesse, projet après projet. Néanmoins, selon la motivation et la volonté d’investissement de chacun, chaque membre a le libre choix de rester ou non dans l’Equipe après la réalisation du projet. Aucune exigence n’est imposée dans le temps, qu’elle soit minimale ou maximale. Après la première année du cycle, un camp de moindre envergure, à but culturel ou d’aventure, est organisé : c’est ainsi que nous sommes partis au Pays de Galles en juillet 2003 et en Corse en juillet 2005.
En temps normal, nous nous réunissons toutes les deux semaines. Mais il est plus que certain que la fréquence des réunions augmente à l’approche du projet. Lors de ces réunions, nous discutons entre nous des différentes étapes de la préparation du projet : logistique, formation, finances, etc… De plus petites commissions sont ensuite créées et chacun rapporte ses découvertes à l’ensemble du groupe lors de la réunion suivante.
3. Quelques données sur le Brésil
Le Brésil est situé à l’est de l’Amérique du sud. Avec 8 515 000 km² de superficie, il est le 5ème plus grand pays au monde. Il possède des frontières avec la plupart des pays de l’Amérique du sud : la Guyane, la Guyane française, le Surinam, le Venezuela, la Colombie, le Pérou, la Bolivie, le Paraguay, l’Argentine et l’Uruguay. La côte est du Brésil est située le long de l’océan Atlantique. La capitale du pays est Brasilia.
Majoritairement dominé par le bassin amazonien qui occupe à lui seul près de 1/3 de la superficie totale du pays, le Brésil compte toutefois des zones de hauts plateaux (les Chapadas) ainsi qu’une chaîne côtière (Serra do Mar).
Le pays connaît un climat de type tropical, avec des températures relativement chaudes et des pluies très abondantes. Toutefois, le climat varie sensiblement suivant la région où l’on se trouve : à l’est, les températures sont plus variables et les précipitations sont plus faible que dans le reste du pays. Sur les hauts plateaux, les températures moyennes varient entre 20° et 30°.
La population brésilienne atteint le seuil de 184 millions d’habitants. L’espérance de vie des brésiliens est de 76 ans pour les femmes et de 68 ans pour les hommes.
Beaucoup d’ethnies sont présentes au Brésil : il y a 50 millions d’habitants originaires d’Italie, entre 5 et 8 millions de personnes issues du Liban et la plus grande communauté japonaise (hors Japon) se trouve à Sao Paulo (1 million d’individus).
Selon le recensement de l’année 2000, le pays est très majoritairement chrétien :
- Catholiques : 73%
- Evangéliques : 15.4%
- Athées : 5.7%
- Autres croyances : 5.9%
Le pays accueille également des petites communautés juives et musulmanes vivant surtout dans les grandes villes. La plupart des Amérindiens pratiquent des rites traditionnels. L’Eglise est officiellement séparée de l’Etat.
Le président est élu pour un mandat de quatre ans et peut être réélu une seule fois. Le président actuel est Luis Inácio da Silva.
Le droit de vote est facultatif pour les citoyens entre 16 et 18 ans et pour les personnes âgées de plus de 70 ans, mais obligatoire pour les citoyens qui se situent entre ces deux tranches d’âge.
Le Brésil fait partie des pays émergents avec les inégalités auxquelles on pense. Le fossé entre les plus riches et les plus pauvres est parmi les plus élevés au monde : 1% de la population possède 50% des terres agricoles. Ces riches (les fazendeiros) ont des armées privées et s’opposent aux réformes agraires même par la force et font pression sur le gouvernement. La ségrégation sociale, bien que non officielle, existe de facto entre, d’un côté les familles aux revenus les plus riches, qui se retranchent dans de quasi bunkers pour se protéger de la délinquance et notamment des rapts (principalement à Sao Paulo), et de l’autre les pauvres qui vivent dans des bidonvilles.
Elu en 2002 sur un programme de réduction des inégalité sociales, le président Lula à lancé le 30 janvier 2003 un programme « faim zéro » afin d’éradiquer la faim au Brésil. Dans ce programme s’inscrit la bolsa familia, qui lie le versement d’une somme d’argent aux familles pauvres à la scolarisation de leurs enfants. Ce programme est entré progressivement en vigueur et touche en 2006 près de 30% de la population. Il aurait contribué significativement à une baisse récente de la pauvreté au Brésil d’après un rapport de la Banque Mondiale*.
Le taux de métissage est énorme, même si le racisme est encore présent et que de nombreux préjugés subsistent. Le racisme vient de certaines personnes riches et des classes moyennes blanches qui parle des noirs et des indiens de façon paternaliste et présente leur pays comme exemple d’anti-racisme. La discrimination se manifeste alors quand les noirs ou les indiens quittent leur « place » et accèdent à des niveaux sociaux supérieurs. Le Brésil compte la population noire la plus importante au monde après le Nigeria (en incluant les métis) mais seul 11% de la population se dit noire ou métisse selon les sondages, car ceci est encore attaché à un bas statut social, à une discrimination économique et sociale. Les hommes noirs pratiquent donc presque systématiquement l’exogamie, ce qui accélère le métissage. La société brésilienne est très américanisée : armes à feu, fédéralisme, hip-hop, musique des minorités et discrimination positive pour les minorités ethniques dans les universités.
* La Banque Mondiale est une organisation internationale créée pour lutter contre la pauvreté.
Basée sur la production et l’exportation des ressources naturelles (tel que le bois, le café, le soja, le jus d’orange et le minerai de fer) et de produit faiblement manufacturés par une main d’œuvre abondante (le Brésil a la population la plus jeune et la plus importante d’Amérique du Sud), l’économie brésilienne a subi plusieurs fois de grave crises liées aux fluctuations du cours des matières premières, avec parfois des inflations de plus de 1 000% par an. Aujourd’hui le secteur des services se développe et l’économie tend à se stabiliser mais reste fragile. Une crise économique éclate en 1998. Le FMI décide alors d’accorder un prêt de 41.5 milliards de dollars américains en novembre 1998, car le Brésil a adopté les réformes imposées (privatisation) et a réduit ses dépenses budgétaires, notamment dans l’éducation.
En janvier 1999, la banque centrale du Brésil annonce que la monnaie du pays, le réal (BRL), ne sera désormais plus ancrée en dollar. Un dollar américain valait environ 2,34 réals en mars 2002 et 2,64 réals début 2005, marquant une bonne stabilité pour une monnaie habituée à des fluctuations importantes.
La répartition des richesses est un problème social et économique d’actualité. Les disparités sont importantes : sur 184 millions d’habitants, 50 millions seulement auraient un niveau de vie équivalent ou supérieur à celui d’un Européen. En 2002, entre 22 et 55 millions de personnes (selon que nous prenions les chiffres du gouvernement ou de la Conférence Nationale des Evêques) souffraient de la faim.
Depuis 1991, le Brésil fait partie du Mercosur (en portugais « Mercosul »), marché commun du « cône sud » de l’Amérique latine incluant aussi l’Argentine, le Paraguay et l’Uruguay. C’est un marché commun, tout comme l’Union européenne ou l’ALENA. Le Brésil, par son poids économique, y occupe de facto une position dominante.
Le 1er février 2006, l’Argentine et le Brésil signent, après presque trois ans de négociations, un accord qui doit permettre de protéger les secteurs de production qui pourraient être trop durement affectés par la compétition du pays voisin. Le Mécanisme d’Adaptation Compétitive (MAC) permet de fixer des droits de douane sur le produit « trop compétitif » du pays voisin pour trois ans, renouvelable une fois.
Genèse du projet
Notre projet a pris source grâce à la rencontre entre un ancien de l’Equipe et José Mario de Medeiros. Ceux-ci se sont rencontrés à Liège et Mr. De Medeiros a fait part de son souhait de monter un projet de coopération pour reconstruire et rénover l’école de son village, situé près de Natal dans le nord du Brésil.
Nous avons été immédiatement emballés par celui-ci car nous étions depuis quelques temps à la recherche de projet humanitaire de ce type. La dimension interculturelle nous a paru particulièrement importante dans le cadre des relations à nouer avec des gens de continents différents.
L’école de Mr. De Medeiros accueille actuellement 485 enfants. Elle se trouve aujourd’hui dans un état déplorable et dans l’impossibilité d’assurer aux enfants du village une scolarité digne de ce nom. Une fois rénovée, cette école permettra d’accueillir de nombreux enfants des villages alentours. On sait combien l’alphabétisation joue un rôle particulièrement crucial dans les processus de développement, et singulièrement dans l’amélioration des conditions.
On voit parfaitement tout le bénéfice que pourrait retirer la communauté de la rénovation de cette école. Les travaux à entreprendre sont néanmoins importants. En effet de nombreux aspects du bâtiment doivent être rénovés.
- des travaux de peinture doivent être effectués.
- Des travaux de maçonnerie seront également nécessaires.
Au-delà de la rénovation de l’école à proprement parler, nous souhaitons également développer l’échange interculturel avec nos partenaires brésiliens. Collaborer ensemble dans un projet nous paraît la meilleure façon de pouvoir nouer un véritable dialogue, fait de découvertes et d’étonnements mutuels.
Nous partirons au début du mois de juillet, durant une vingtaine de jours. Notre projet s’inscrit dans une franche collaboration avec les acteurs locaux. Dès lors tous les matériaux seront achetés sur place, de façon à faire prospérer le commerce local. De très nombreux matériaux seront nécessaires. Le budget du projet se trouve ci-après. Quant au logement, il s’effectuera plus que probablement dans un bâtiment du village.
Afin de rassembler les fonds nécessaires à la réalisation de ce projet, nous organisons diverses activités lucratives. Notre intention n’est, en effet, pas de reposer uniquement sur des financements extérieurs : nous avons bien l’intention d’apporter notre pierre à l’édifice. Ces activités « à but lucratif » n’occupent bien évidemment pas la totalité de nos réunions, mais elles en représentent une part significative. Au-delà de leur aspect strictement lucratif, ces activités permettent également de structurer le groupe, et de faire prendre conscience à chacun de la réalité concrète de projet.
- Organisation d’un tournoi de belote
- Organisation d’un tournoi de mini-foot
- Organisation d’un tournoi de water-polo
- Organisation d’un souper avec les parents de notre unité
- Organisation d’un souper concert
- Vente de bics
- Vente de paticcios
- Soirées
- Participation à un projet de dons de la communauté française
- Collectes lors des messes
- …
Sur base de 8 participants au projet, en euro ;
| dépenses |
Recettes |
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| 1. frais de transport
1. 8 billets d’avion A/R
2. transports locaux |
9500 1500 |
1. Capital de départ |
10500 |
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| 2. Apport personnel (250/pp) |
2000 |
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| 2. Projet
1. Matériel (cfr supra)
2. Nourriture
3. Matériel audio-visuel
4. Infirmerie |
9500 1000 400 350 |
3. Activités (estimation) |
5000 |
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| 3. Préparatifs de départ
1. Vaccins
2. Passeport |
1525
300 |
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| 4. Impondérables |
2000 |
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| total |
26075 |
total |
17500 |
| Solde à financer |
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- Conclusion
Située à une pareille distance de chez nous, nous avons trop tendance à ne pas prêter attention à la pauvreté qui sévit en Amérique du Sud comme partout dans le monde. Elle n’est pourtant pas la même en Afrique ou au Brésil. Ces régions ne rencontrent pas les mêmes difficultés, l’éventail de causes est différent. C’est pourquoi nous voulons cette année, partir vers une région qui nous est encore inconnue, pour que ce voyage soit encore plus enrichissant.
Aller aider ces personnes au Brésil, ce n’est pas seulement aller travailler sur un chantier, mais c’est aussi partir pour rencontrer une autre culture, comprendre la manière de vivre dans une région où le climat et beaucoup d’autres choses ne sont pas des plus faciles.
Leur venir en aide est une chose importante, mais nous n’y allons sûrement pas en esprit de conquistador, voulant imposer nos idées et nos façons de faire à tout prix. Eux aussi, pensons-nous, nous apporterons beaucoup de bonnes choses quant à la manière dont nous envisageons notre société, grâce à leur objectif que n’importe qui ici.
Pour conclure, nous sommes bien conscients que nous n’allons pas résorber cette inégalité nord-sud. Mais que nous apportons simplement une pierre à cet édifice que représente la lutte contre la pauvreté. Un seul homme ne peut pas changer le monde, mais s’il collabore avec d’autre, ils peuvent faire de grandes choses.